Mina Kleiche-Dray (ed.), Les ancrages nationaux de la science mondiale, XVIIIe-XXIe siècles, Paris/Marseille, EAC/IDR, 2017, 239-286.

Si la science moderne s’organise aujourd hui de façon partagée dans le cadre d’universités et d’instituts qui emploient des chercheurs à plein-temps, elle est le résultat d’un long processus historique à l’intersection de trois sphères: politique, productive et idéologique. Cet ouvrage rend compte de cette marche de la science moderne et de son expansion dans le monde sur trois siècles (XVIIIe-XXIe), faisant apparaître des traits typiques de l’institutionnalisation de la science, en revenant sur les traces qui continuent de modeler le style de chaque discipline locale: importance des Lumières chez les libéraux en Amérique latine; lutte contre l’oppression coloniale en Inde, en Grande Colombie et en Amérique latine aux XVIIIe et XIXe siècles; initiative de souverains soucieux de préserver leur régime ou leur territoire (Égypte et Turquie du XIXe siècle face à l’avancée des impérialismes; empires des marges européennes); ou encore de factions militaires modernistes et nationalistes (Égypte nassérienne, Brésil)… En historicisant le développement des sciences, les auteurs de cet ouvrage vont au-delà de la thèse devenue classique défendant une globalisation des modes de production scientifique commandée avant tout par un écheveau de relations individuelles éphémères et créatives. Ils montrent au contraire l’existence d’une tension permanente entre la construction de ces réseaux scientifiques mondiaux et un rééquilibrage par des soutiens régionaux et surtout nationaux très divers, témoignant que les compétences scientifiques et techniques restent considérées par ceux qui les abritent comme une ressource hautement stratégique.

Acceder:

“La Russie, l’Espagne, le Portugal et l’Empire ottoman : deux siècles de politiques technoscientifiques à l’épreuve des approches comparatistes”, en Mina Kleiche-Dray (ed.), Les ancrages nationaux de la science mondiale, XVIIIe-XXIe siècles, Paris/Marseille, EAC/IDR, 2017, 239-286.

Cet ouvrage est le résultat d’un travail collectif réuni régulièrement durant la période 2012-2015, initié dans le cadre du programme « Geoscience » soutenu par l’Agence nationale de la recherche (ANR-09-SSOC-010-GEOSCIENCE), avec les contributions de :

Rigas Arvanitis, Heloisa Maria Bertol Domingues, Kenneth Bertrams, Ana Cardoso De Matos, Denis Eckert, Ferruccio Ricciardi, Jacques Gaillard, Dimitri Gouzevitch, Irina Gouzevitch, Emmanuel Grégoire, André Grelon, Michel Grossetti, Sari Hanafi, Laurent Jégou, Antonio José Junqueira Botelho, Mina Kleiche-Dray, Pablo Kreimer, Venni Venkata Krishna, Kadijatou Marou Sama, Marion Maisonobe, Darina Martykánová, Kamal Mellakh, Anne-Marie Moulin, Eric Opigez, Marina Oulion, Marie-Noëlle Pane, René Sigrist, Hebe Vessuri, Dominique Vinck et Roland Waast.

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